vendredi 4 mars 2011

"La Triste Fin du Petit Enfant Huître" de Tim Burton

Titre :     " La Triste Fin du Petit Enfant Huître "
Auteur :    Tim Burton
Editeur :   Editions 10/18
                 120 pages


« The Melancholy Death of Oyster Boy & Other Stories » est un épatant petit recueil de fables et autres courtes histoires qui nous plongent dans l’univers féerique et insolite de son auteur, Tim Burton, le célèbre réalisateur. Pour ceux qui apprécient ses œuvres cinématographiques, ils retrouveront le genre de personnages à la fois magiques et désolés qui hantent des films tels que « Edward aux Mains d'Argent », « Big Fish » ou surtout « Les Noces Funèbres » et « L’Étrange Noël de Monsieur Jack ».

Au fil des pages se déroule une galerie d’étranges petits garçons nés avec des anormalités physiques (l’Enfant Robot, L’Enfant Brie, L’Enfant Momie, Roy the Toxic Boy) et des petites filles aux pouvoirs singuliers (La Fille qui fixait, fixait, fixait du regard, The Voodoo Girl) qui, en quelques lignes rythmées, vivent des mésaventures qui se finissent généralement par leur malheur ou même leur mort.
Comme ce Petit Enfant Huître dont les parent abominent la naissance et qui finit par être décapsulé et englouti par son père, ou The Girl With Many Many Eyes qui a de si jolies mirettes mais ne peut pleurer sans déclencher des inondations ou encore L’Enfant Tâche qui aimerait être un super héros et voler haut dans les airs, mais dont le seul pouvoir est de faire monter sa note de blanchisserie jusqu’aux cieux.

Ce livre m’a vraiment enthousiasmé parce que, sous ses aspects de comptines pour enfants, ce sont de tristes ou bien surprenants destins qui nous sont narrés, avec souvent un sens caché qui laisse à réfléchir. Chaque petite histoire est accompagnée de dessins de Tim Burton, des illustrations qui ont l’air enfantines mais qui sont très réussies, s’amusent avec notre imaginaire et adhèrent tout à fait à son univers artistique. Bien entendu, les fables sont écrites en anglais mais sont traduites en français. Pour ceux qui se débrouillent dans la langue de Shakespeare, et l’aiment pour sa musicalité, c’est un véritable bonheur car ces comptines sont mélodiques, rimées et cadencées. En revanche, la transposition en français est, pour le coup, râtée et on y perd toutes les nuances, les sous-entendus des propos et puis la musique des poèmes de Tim Burton.

« The Melancholy Death of Oyster Boy & Other Stories » est un objet insolite, un OVNI littéraire qui m’a ravi et que je pense garder près de moi pour le relire. Je vous laisse avec quelques extraits de ces histoires pleines de bizarreries et vous invitent à vous les procurer.

4ème de couverture :
«Fidèle à son univers d'une inventivité si particulière, mêlant cruauté et tendresse, macabre et poésie, Tim Burton donne le jour à une étonnante famille d'enfants solitaires, étranges et différents, qui ne tarderont pas à nous horrifier, à nous émouvoir et à nous faire rire.
Un livre pour l'enfant qui est en nous.»







Note :


mardi 1 mars 2011

Une chanson qui m'entête ...


Il y a deux semaines que j'ai visionné Le Refuge, le film que François Ozon a réalisé en 2009. Et depuis, la chanson qui rythme tout le film ne peut quitter mon esprit. Le Refuge est un film d'une grande sensibilité, nimbé d'une douceur qui m'a laissé pensif, à la fois plein d'espoirs et un peu cafardeux aussi, je dois l'avouer.


Louis (joué par Melvil Poupaud) et Mousse (interprétée par Isabelle Carré) auraient de quoi être heureux puisqu'ils sont jeunes, beaux et riches. Et ils s'aiment. Cependant c'est la drogue qui dicte désormais leurs vies. Jusqu'au jour où on les retrouve tous les deux dans le coma.
Louis décède de cette over-dose.
Tandis que Mousse survit.
Elle frôle la mort et les médecins lui annoncent qu'elle porte pourtant la vie en elle. Elle est enceinte de Louis.
Une fois rétablie, Mousse s'enfuit, quitte Paris pour la côte Basque où elle trouve son refuge en attendant de me mettre au monde son enfant.
Mais la fuite n'élude pas les interrogations : pourquoi Louis est mort et pas elle ? Pourquoi cette inéquité ?
Tant pis si elle ne trouve pas les réponses à ses questions. Cet enfant, ce sera toujours un peu de Louis qui restera en vie.
Un jour, Paul (Louis-Ronan Choisy), le frère de Louis, retrouve Mousse et s'installe dans la maison qu'elle loue. A la différence de sa famille qui ne veut plus entendre parler de cette femme qui a accompagné la chute du fils bien-aimé, Paul, lui, veut comprendre. Et veut connaître cet enfant qui arrive.
Au fil des jours suivants, une relation à la fois tendre et complexe se tisse entre Mousse et Paul et c'est presque la réunion de deux solitudes, de deux êtres qui se reconstruisent, lentement, le soleil, la plage et les bains de mer aidant.



Et puis il y a ce très beau moment. Lorsque Paul se met au piano et entame cette chanson que lui et son frère entonnaient lorsqu'ils étaient petits garçons.
Moi je trouve que c'est un morceau très troublant, comme une berceuse mélancolique. Et des paroles qui font penser à de la poésie. Et elle me plonge dans une atmosphère de quiétude mais ausi de tourment, de ce genre de sentiment ambivalent dont je n'ai pas envie de sortir...





Au coeur de la nuit
Des rivières de plumes
Des marchands de sable
Qui marchent dans la brume
On lève les voiles
Sous un lit d'étoiles
Et j'entends ta voix
Qui me chante « Rejoins-moi »
Au coeur du déluge
Trouver ton refuge
Au bord de l'écume
Fuir l'amertume
Tu m'as dit tout bas :
« On t'attend déjà
De l'autre côté
Emmène-moi danser »
Au coeur de la nuit
Des rivières de plumes
Des marchands de sable
Qui marchent dans la brume
On lève les voiles
Sous un lit d'étoiles
Entends-tu ma voix
Qui te chante « Reviens-moi »
Au coeur de la nuit
Des rivières de plumes
Des marchands de sable
Qui marchent dans la brume
Tu m'as dit tout bas :
« On t'attend déjà
De l'autre côté
Emmène-moi danser »
Garder les yeux
Encore un peu
Fermer pour te voir
Sourire dans le noir
Une mousse d'étoiles
On lève les voiles
Entends-tu ma voix
Qui te chante « Reviens-moi »
(Louis-Ronan Choisy)

samedi 26 février 2011

"Dirty week-end" d'Helen Zahavi

Titre :     " Dirty week-end "
Auteur :    Helen Zahavi
Editeur :   Editions Phebus (collection libretto)
                 210 pages

Résumé

« Voici l’histoire de Bella qui se réveilla un matin et s’aperçut qu’elle n’en pouvait plus. Bella n’a rien de particulier. L’Angleterre est pleine de gens blessés. Qui étouffent en silence. Qui hurlent à voix basse pour ne pas être entendus des voisins. Vous les avez sans doute vus. Vous les avez probablement croisés. Vous leur avez certainement marché dessus. Trop de gens n’en peuvent plus. Ce n’est pas nouveau. Seule compte la façon dont vous réagissez. »

La vie n’a pas gâté Bella. Tout d’abord, la Nature l’a faite petite, frêle et vulnérable. À la merci de la bestialité des hommes. Et le destin l’a amenée à faire de mauvaises rencontres et, dans le besoin impératif de gagner de l’argent, à se prostituer. Bella pense échapper à tout cela en s’installant à Brighton. Elle s’imagine que la ville balnéaire, si calme en dehors de la belle saison, lui redonne un certain anonymat, une nouvelle chance. Pendant des années, elle oublie son passé et se convainc que, terrée dans son minuscule appartement en sous-sol, sa vie, même étriquée et racornie, a au moins l’avantage d’être paisible.


Mais, un jour, elle aperçoit un homme l’observer depuis la fenêtre d’en face. Puis cet homme la suit jusque dans ses promenades au parc. Il l’appelle la nuit et la menace des pires sévices depuis l’autre bout du combiné. Il s’introduit chez elle quand elle dort. Alors Bella se réveille un matin et s’aperçoit qu’elle n’en peut plus. Elle est effrayé par ces hommes qui jouissent à l’idée de pouvoir lui faire du mal, de la posséder, d’en faire leur poupée de chiffon, de broyer ses os fragiles. Elle crache sur cette injustice qu’est leur force et leur supériorité physique.

Sentant l’histoire reprendre de plus belle, elle décide de renverser son monde. Et d’agir.

Dirty week-end parce que c’est le temps qu’il faudra à Bella pour tuer sept hommes. Sale boulot. Mais nécessaire. Bella le comprends bien : dans la vie, vous êtes meurtrier, victime ou bien spectateur. Et quand le sort vous a fait agneau, le seul remède pour survivre, c’est de devenir boucher. Alors avec une voiture, un marteau, un couteau à cran d’arrêt ou bien les balles d’un revolver, Bella usera de toute la panoplie disponible pour sauver sa vie et supprimer celles de ces salopards.



"Femmes renversées" (détail) de Egon Schiele -1915
Mon commentaire

Mon avis sur ce livre est vraiment plus que partagé.

D’une part, j’ai été rebuté par la cruauté du livre, sa saleté. Il faut préciser que ce roman a attendu 1991 pour être publié et qu’il fût l’un des derniers ouvrages de littérature à avoir fait l’objet d’une demande d’interdiction au Parlement de Londres, pour cause d’immoralisme…  Il y a certains passages qui m’ont rappelé « American Psycho » de Bret Easton Ellis, excepté le fait que Bella a des « raisons de tuer » (si toutefois il peut en y avoir) à la différence d’un Patrick Bateman qui zigouille les femmes par pure perversion. Tout ce défoulement de violence et cette mise en scène des sévices, ça peut écœurer … légèrement… et le livre pourrait vous tomber des mains.

Et d’un autre côté, on peut trouver dans ce déchaînement d’exécutions, une certaine satisfaction : celle de l’être que l’on a trop longtemps écrasé, humilié, sali et qui prend sa revanche ! Alors il faudrait prendre ce roman comme un défouloir.

Par contre, j’ai ressenti un grand malaise tout au long de ma lecture. Je me disais : « Mais bon sang… quelle vision de l’homme ! » Il n’y en a pas un seul qui mérite la moindre clémence. Tous les hommes qui approchent Bella veulent de façon impérieuse la violer et la détruire. Ce jugement radical et cette représentation de l’homme en tant que monstre barbare, ça m’a refroidi et, comme je le disais, mis mal à l’aise.

«_ Les hommes me font peur. […] Leur appétit me fait peur. Leur façon de me regarder me fait peur. Ce que je lis dans leurs yeux me fait peur.
_ Et qu’y lisez-vous ?
_ Ce qu’ils désirent, ils doivent le posséder. Ce qu’ils ne peuvent pas posséder, ils doivent le pénétrer. Ce qu’ils ne peuvent pas pénétrer, ils doivent le détruire. »

Dirty week-end est remplie d’une rage sous-jacente contre les hommes. Tant est si bien que l’on peut se demander si Helen Zahavi n’a pas malheureusement vécu, comme son personnage, un tel épisode abject.
En tout cas, il y a des passages du livre qui laissent échapper un jugement tantôt trop extrême, mais parfois pénétrant sur le genre masculin. Il y a des bribes de ce roman qui, par leur clairvoyance, m’ont fait comprendre ce qu’une femme peut ressentir face à l’iniquité du sexe faible face au sexe fort. Après ce livre, j’ai compris qu’une femme puisse avoir peur face aux hommes, peur de se balader seule la nuit, peur de s’habiller un peu plus légèrement, peur d’afficher sa féminité sans que l’on prenne cela pour autre chose…

« Ce que Bella désire. Ce que Bella désire, c’est ce qu’elle ne peut avoir. Ce qu’elle désire, ce sont des fenêtres ouvertes les nuits d’été. Des promenades solitaires au bord de l’eau. Sans la crainte de la panne sur l’autoroute. Sans la peur du noir. Sans la terreur des bandes. Sans réflexions dans les rues. Sans attouchements furtifs dans le métro. Ne plus être obligée de flatter leur ego par peur du poing en pleine figure, du nez cassé, du sang et de la morve qui coule dans sa bouche. Bella est née libre et partout elle est enchaînée. »


"Kämpfer" de Egon Schiele - 1913
 « Les condamnés à perpète qui ont détruit des vies.
Vous les voyez sur l’écran, essayant de réprimer un sourire moqueur, dans leur tenue fraîchement lavée. Ils débitent tout leur baratin. Avec leur ton geignard, ils vous parlent de la thérapie qu’ils ont suivie, comment ils ont réussi à en parler, comment ils sont parvenus à assumer leur acte. Et sous tout ce discours, bouillonnant sous la surface, on perçoit les pleurnicheries du violeur impénitent qui veut se justifier.
En purgeant leur peine, ils pensent avoir payé leur dette à la société. Sauf qu’ils n’ont pas pris la société comme victime. Pas toute la société. Pas la partie importante. Ils n’ont pas fait de mal à la société. Ils n’ont pas effrayé la société au point qu’elle n’ose plus marcher dans la rue. Ce n’est pas à la société qu’ils ont fait peur.
Si vous les entendez dire qu’ils regrettent, ne les croyez pas. Ils ne regrettent jamais, et d’ailleurs ça ne changerait absolument rien. Mais s’ils le disent, si jamais ils osent le dire, ne les croyez pas. Ce sont des salauds et des menteurs pour qui la castration est la plus douce des punitions. »




Mais en ce qui concerne l’écriture d’Helen Zahavi je suis sans équivoque : j’ai adoré ! Si elle n’avait pas écrit ce livre avec un stylo, elle aurait tout aussi bien pu le faire avec un scalpel. Si le cynisme et l’humour noir était une religion, Dirty week end en serait la cathédrale. Elle a vraiment un style, son style : incisif, entier, inflexible, enragé, parfois d’une ironie glaciale ou d’une obstination haineuse.

En un mot, je ne dirai pas que j’ai « aimé » ce livre parce que ce n’est pas le mot adéquat pour ce genre d’histoire, mais il m’a pris à la gorge, m’a fait réagir, m’a dégoûté tout autant qu’il m’a donné à réfléchir.


Note :



Extraits

En pleine nuit, Bella parvient à s’introduire chez cet homme qui l’épie, la suit, la harcèle et menace de la dissoudre en la badigeonnant d’acide. Son corps frêle mais déterminé se glisse dans l’antre du sadique pervers et le surprend dans son sommeil :

« Elle se tenait près de son lit. Elle s’était introduite chez lui et elle se tenait près de son lit. Elle était masquée, armée, et elle n’avait pas peur.
[…]
Ses yeux bougeaient derrière ses paupières. Elle regardait ses yeux. Ils bougeaient tandis qu’il rêvait. Il rêvait d’elle, endormi dans son lit. Il rêvait qu’il la possédait sauvagement sur le sol. Il la possédait sur le sol de la salle de bains. Il versait l’acide sur sa peau. Il écoutait le grésillement, il respirait l’odeur de brûlé, et il la regardait se dissoudre sur le sol de la salle de bains. Elle hurlait dans son rêve, elle mourrait dans son rêve, et ses yeux ne cessaient de bouger derrière ses paupières.
[…]
Pour Bella, la justice n’est pas le justice biblique. Jamais elle n’appliquera le principe œil pour œil, dent pour dent. Cette parité laxiste et molle lui donnerait presque envie de vomir. Elle exige un œil pour une dent et une vie pour un œil.
Aussi, […], elle prit le coin du drap dans sa main gauche.
_ Excuse-moi, dit-elle en arrachant d’un geste brusque le drap en coton.
Il ouvrit les yeux, l’aperçut et gicla, comme une baleine.
Un réveil très brutal.
Il regardait d’un air ébahi la silhouette encapuchonnée près de son lit. L’horreur dans ses yeux, l’horreur qui apparaissait lentement dans ses yeux était un souvenir qu’elle serrerait contre son cœur pendant de nombreuses nuits solitaires. Pour la première fois de sa vie, elle regardait le visage d’un homme et elle y voyait scintiller le reflet de sa propre peur.
[…]
Imaginez, imaginez un peu, vous vous réveillez et vous la voyez près de votre lit. La femme de vos rêves humides se tient près de votre lit. La femme de vos pensées obscènes, la femme de vos désirs inavouables se tient près de votre lit… avec un marteau.
[…]
Elle a le grand sourire du manant, avant qu’il n’embroche le seigneur avec sa fourche. Un grand sourire qui indique que la patience a ses limites. Et Timothy, le pauvre Timothy, s’est réveillé pour voir ça.
Elle le frappa avec le marteau sur la joue. Un coup oblique désinvolte, pas trop violent. Juste assez pour briser l’os. Elle le frappa de nouveau pour bien lui faire comprendre qu’il ne rêvait plus. Elle le frappa de nouveau pour garder le rythme. Et elle le frappa encore une fois, pour le plaisir.
[…]
_ Eh bien, dit-elle gaiement. C’est amusant, non ?
Le papotage n’était pas son fort.
Elle le frappa de nouveau, lui brisant le nez. Le sang jaillit.
[…]
Les choses ne se passaient pas très bien pour Timothy. Timothy était dans un état de profonde confusion. Et Bella parce qu’elle empathise, parce qu’elle est une personne sensible dont les terminaisons nerveuses frémissent au moindre contact, comprenait la terreur cosmique qui avait dû s’emparer de lui.
Elle comprenait la peur qui devait lui nouer les tripes. Elle comprenait la panique vomitive qui devait bouillonner en lui. Elle comprenait parce qu’elle était passée par là, elle avait suivi cette route, elle avait traversé ce tunnel avant de ressortir de l’autre côté.
[…]
Le moment est donc venu d’expédier Timothy. Il est temps d’envoyer Timmy vers cette vanne dans le ciel. Elle saisit le marteau à deux mains et le brandit au-dessus de sa tête.
_ Prépare-toi à rencontrer ton Créateur, mais d’abord l’Exécuteur.
[…]
Le marteau s’abattit sur le dessus du crâne […] et ce fut comme si elle fendait un œuf, comme si elle heurtait la coquille d’un œuf avec une cuillère. […] Elle ressortit l’arrache-clou fiché dans le crâne, se mordilla la lèvre et se mit à le marteler. Elle fit entrer son message dans le crâne de la seule manière possible.
[…]
Elle réduisit la tête en bouillie. Elle le pulvérisa. […] Elle entendit un ultime râle étouffé. Il cessa de tressaillir. La vie de Timothy s’acheva dans un bruit violent et un soupir. Le dernier coup mit fin pour toujours à ce cycle personnel de manques.
Il existe certaines lois de la nature, songea-t-elle, certaines lois immuables que vous bafouez à vos risques et périls. […] Les hommes aux crânes fragiles ne devraient pas essayer d’inclure dans leurs fantasmes des femmes choisies au hasard.»
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« _ Je veux un pistolet, dit-elle. En bon état. Graissé, prêt à servir et automatique de préférence.
_ Quelle quantité de munitions ?
_ Des tas. Des monceaux de munitions. Des tonnes. Je veux que ça tinte quand je marche. Je veux être lestée de munitions. Il m’en faut pour un an. J’en veux pour un an, au moins. Sinon plus. »
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Moment d’une ironie ô combien délectable lorsque Bella se fait draguer par un homme alors qu’elle sirotait tranquillement son cocktail au bar d’un hôtel. Le pauvre Norman ne se doute pas qu’en parlant d’ordures, Bella ne fait qu’évoquer les hommes de son genre :

« _ Et vous, quel est votre domaine ? demanda-t-il entre deux olives.
_ Je suis dans l’hygiène publique.
_ Oh.
_ Je désinfecte.
_ Vous ne faites pas partie de ces femmes vêtues de bleus de travail qui roulent en camion-benne ?
_ Non, je travaille davantage au niveau exécutif.
Il parut soulagé.
_ Vous voulez dire que vous prenez les décisions.
_ Exactement. D’abord vous prenez une décision, et ensuite vous l’exécutez.
_ Une sorte d’expert conseil ?
_ Quelque chose comme ça.
_ Ça doit être très astreignant.
_ Ça l’est, Norman. Très astreignant, en effet.
Un jet d’huile s’échappa de sa bouche lorsqu’il avala la dernière olive.
_ Ne me dites pas que vous aimez vous occuper des ordures – il essuya ses lèvres grasses avec son mouchoir : Ça m’étonnerait.
_ C’est curieux que vous me demandiez ça, Norman, parce que je crois que j’aime ça. Le problème, c’est que les gens finissent par s’habituer à la saleté, au point de l’oublier. Grave erreur. Très grosse erreur. Si vous laissez les déchets s’entasser, tôt ou tard ils vous envahissent. Si vous ne dominez pas les ordures, ce sont elles qui vous domineront. 
_ Vous semblez terriblement dévouée à votre tâche.
_ Je le suis, Norman. Terriblement. A vrai dire, c’est davantage une vocation. J’ai été choisie pour nettoyer la pourriture.
_ Une sorte de croisade solitaire ?
_ Une guerre sainte – elle but une gorgée : Et je ne fais pas de prisonniers.
Ils rirent de la petite plaisanterie de Bella. »

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« De nombreuses difficultés à travers le monde viennent des gens gentils. S’ils n’étaient pas si gentils, personne ne les frapperait. Et si personne ne les frappait, ils ne se vengeraient pas. Ce serait une bonne chose, car lorsqu’une personne gentille se venge, elle frappe fort. »
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Un autre passage délicieusement cruel, lorsque Bella parvient à s’échapper du piège de Reginald qui voulait la violer dans un parking, et qu’elle finit par écraser avec la voiture de ce dernier :

«  Voilà ce qu’on ressent lorsqu’on commet un Reggicide : on fait marche arrière, la voiture roule sur quelque chose de mou, comme un dos d’âne sur la route, mais on ne le sent pas réellement, car les suspensions sont bonnes. Et on avance. Puis on recule de nouveau. Et on avance. Et chaque fois la bosse est légèrement différente. Légèrement moins haute. Légèrement plus molle. »




mardi 22 février 2011

Le défi Harry Potter # 2

Les aventures du jeune sorcier du 4 Privet Drive se poursuivent avec le tome 2, "Harry Potter et la Chambre des Secrets", que je viens d'achever avec toujours autant de plaisir et d'émerveillement !

Je viens de réaliser que ces bouquins doivent avoir un effet anxiolitique sur moi. Ils m'apaisent et me réconcilient avec le petit garçon que j'étais. Cela ranime mon imaginaire. Et toute cette magie ! Si seulement on pouvait en faire autant dans nos vies : d'un geste de baguette magique zioup ! les soucis, les tracas, tout cela disparaîtrait, le quotidien serait tellement plus simple... quoi ? .... oui, on pourrait s'ennuyer à la fin si tout se règlait par quelques formules et amulettes.
En tout cas moi je ne m'ennuie aucunement avec J.K. Rowling et je retourne à Poudlard dès le mois prochain pour le troisième tome : "Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban" !


samedi 15 janvier 2011

"Une Voix dans la Nuit" d'Armistead Maupin

Titre :     " Une Voix dans la Nuit "
Auteur :    Armistead Maupin
Editeur :   Editions de l'Olivier (livre de poche collection Points)
                 430 pages

Pour ceux qui connaissent bien Armistead Maupin (le père des excellentes Chroniques de San Francisco), ils retrouveront de plaisantes similitudes entre l’auteur et son personnage principal. En effet Gabriel Noone  est lui aussi un écrivain devenu célèbre grâce aux épisodes qu’il écrit, publie et surtout lit lors d’une émission diffusée le soir à la radio : Noone at Night. Ces fictions littéraires et radiophoniques racontent les aventures et péripéties d’un groupe d’habitants et amis de San Francisco (le lien avec Michael ‘Mouse’, Mary Ann, Brian et le 28 Barbary Lane est un bel hommage à ces Chroniques qui ont fait le succès de Maupin).

Gabriel Noone est donc un auteur reconnu, qui vit une existence riche et épanouissante, dans l’excentrique ville du Golden Gate. Mais ce qui semblait être une solide félicité s’effondre lorsque Jess, son compagnon et associé, le quitte après dix ans de vie commune. Le doux et stable foyer auquel Gabriel avait aspiré et croyait éternel, s’échappe comme poussière au vent. C’est une sale période pour Gabriel qui se retrouve de nouveau seul, ses espoirs déçus et sans la moindre envie d’écrire quoi que ce soit.

Un jour cependant, il reçoit d’un éditeur le manuscrit d’un futur roman, La Fabrique de cirage, pour qu’il le lise et lui demander s’il souhaite en  rédiger la préface. Ce roman va le bouleverser, le faire sortir de son apathie et redonner un nouvel intérêt à sa vie.

Il s’agit d’un roman autobiographique racontant l’abominable enfance de Pete qui, jusqu’à ses onze ans, a subi de la part de ses parents ainsi que d’une bande d’ignobles clients pédophiles, les sévices sexuels les pires qui soient possibles. Par chance le gamin parvient un jour à s’échapper et à dénoncer ses tortionnaires à la police. Pete est finalement adopté par Donna, psychologue, qui l’aidera à se reconstruire et sera son rempart contre le monde extérieur. Malheureusement, certaines blessures physiques sont aussi rémanentes que les traumatismes psychiques : le garçon est atteint par le Sida. Il vit désormais, à treize ans, dans une bulle aseptisée qui le maintient en vie, où ces seuls exutoires et échappatoires sont l’écriture de ce roman et les émissions de Noone at Night, retransmises même de l’autre côté du continent, dans le Wisconsin.

L’entrée en matière vous semble sûrement très pesante, trop sinistre. Pourtant la suite du récit révèle une telle luminosité que sa lecture m’a donné beaucoup d’espoir et de force.

Le postulat de départ, l’histoire de ce petit garçon, est abominable, sans conteste (mais l’est-elle plus que ce que l’on peut apprendre dans l’actualité ?). Elle a de quoi faire pleurer, assurément. Malgré cela, et comme je viens de le dire, de ce drame naît une telle force de vie. Ce garçon, Pete, est un personnage tellement touchant par sa détermination à vivre et son énergie, qu’il vous donne à réfléchir.

Passé cet épisode cruel, Une Voix dans la Nuit est un roman rempli de douceur et d’amour. Car en effet, Gabriel a la cinquantaine, n’a désormais plus son partenaire auprès de lui et n’a jamais pu avoir d’enfant.  Lorsqu’il apprend dans ce roman que Pete s’est accroché à la vie grâce à ces petits contes urbains que l’auteur distillait à la radio, Gabriel y voit comme une connexion, la rencontre de deux solitudes.

Un jour, il prend le risque de téléphoner à Pete, et dès les premiers mots échangés, une relation fusionnelle s’établit entre les deux personnages. Gabriel qui n’a pas d’enfant, sent en lui des instincts paternels envers ce garçon, qui, de son côté, voit en l’écrivain, le père qu’il aurait dû avoir. Au fil des appels téléphoniques, quasi quotidiens, chacun va se soutenir moralement, se révéler et finalement s’aimer à distance.

« Quand je dis que c’est mon fils, ça fait drôle, je sais. Il y a comme de l’affection là-dedans, on sent bien que c’est un fantasme, qu’il ne faut pas le prendre au sérieux. Un vague sourire de commisération passe fugacement sur le visage de mes interlocuteurs. Je n’ai pas de peine à voir dans quel tiroir ils me rangent : celui du quinquagénaire frustré qui essaye d’assouvir in extremis sa soif de paternité avec l’enfant de quelqu’un d’autre.
Mais ils se trompent. En toute franchise, je n’ai jamais eu de désir d’enfant. L’idée ne m’a jamais effleuré un instant qu’un caprice de la nature m’avait empêché d’accomplir mon destin de mâle. Notre rencontre, à Pete et à moi, n’a été qu’un pur accident, un heurt entre deux âmes sœurs qui n’avait rien à voir avec des pulsions paternelles, latentes ou autres. Ça au moins, j’en ai la certitude.
« Fils » n’est pas le mot qui convient, bien sûr.
Mais c’est le seul qui est de taille à décrire un évènement pareil. »

Jusqu’au jour où naît le doute sur l’existence de Pete, qui ne communique que par téléphone (à cause des dangers de contagions qui seraient mortelles pour lui) et que personne n'a rencontré personnellement.
Et là, l’angoisse saisit le lecteur jusqu’aux derniers chapitres. Et c’est ce qui fait la richesse de ce livre : il s'agit aussi d'un roman à suspens !
À partir de ce moment, Gabriel veut savoir si Pete existe vraiment, quoiqu’il hésite à rendre le risque de mettre fin à ce lien affectif auquel il ne peut plus se passer.


En dehors de cette recherche, j’ai trouvé ce roman très riche car il traite, en second plan mais avec beaucoup de justesse et de profondeur, d’autres sujets qui mériteraient d'autres livres de Maupin. Par exemple, j’ai été très touché par les descriptions que Gabriel nous confie au sujet de sa rupture avec son partenaire, l’idée d’avoir perdu une certitude, d’être devenu bancale, comme déséquilibré. Que les espoirs de vieillir ensemble dans une confortable complicité se sont envolés et qu’il va falloir de nouveau affronter la solitude. Les souffrances incontrôlables en imaginant l’être aimé plus heureux sans vous, ou pire, heureux avec un autre.

Gabriel parle également de sa difficile relation avec son père. Relation mis en comparaison avec celle qu’il nourrit avec son presque « fils adoptif ». Il jongle entre les reproches et le pardon vis-à-vis du vieil homme, se nourrissant de ses souvenirs d’enfance, du manque affectif paternel mais aussi d’une histoire familiale complexe et de la difficulté à se construire et à s’affirmer en tant qu’homosexuel.

Et puis bien entendu, Armistead Maupin qui est une icône de la culture gay et surtout un témoin-clé de la vie des homosexuels dans ce berceau qu’est San Francisco, revient de nouveau dans ce roman sur la vague noire du VIH qui a emporté beaucoup de ses amis. Il en parle avec beaucoup de lucidité et de recul. Pourtant, on se doute bien à la lecture des passages où il raconte comment il a dû soutenir puis voir mourir ses camarades, qu’il y a énormément de souffrance qui a dû être évacuée pour en arriver à en parler avec autant de franchise sans tomber dans le dramatique.


Je suis sorti de ce roman avec beaucoup de questions et de doutes mais tout cela était constructif. J’avais quitté Armistead Maupin avec le dernier tome des Chroniques de San Francisco (« Michael Tolliver est vivant ! ») très attristé car j’y avais retrouvé mon personnage préféré, Michael, en cinquantenaire aigri, nostalgique, pessimiste, tout le contraire de ce qui le rendait si sympathique. Cela m’avait laissé un goût amer. Avec Une Voix dans la Nuit, j’ai découvert un autre degré, supérieur, dans l’écriture de Maupin, qui m’a confirmé qu’il est, pour moi, un écrivain qui raconte la vie, la vraie, avec ses épisodes douloureux mais aussi ses passages solaires, ses amitiés, ses amours. Ses fantaisies.



Note :







vendredi 14 janvier 2011

Quelques extraits de "Une Voix dans la Nuit" d'Armistead Maupin



"_Tu comprends, Jess était mon unique certitude, dis-je. L'idée de la perdre me déplaît souverainement.
_ Quel genre de certitude ?
_ Oh, ce n'est qu'un sentiment qu'on éprouve à certains moments. Par exemple, quand on est sur une autoroute la nuit, fonçant dans l'obscurité avec les lumières qui défilent des deux côtés, qu'on ne se parle même pas, et que tout à coup l'un de nous deux pose la main sur la cuisse de l'autre. Il n'existe pas au monde d'instant plus vrai que celui-là, Pete. Et il n'exprime qu'une chose : "Tu es là, je suis là, nous sommes ensemble." C'est un sentiment qu'on éprouve aussi en avion, quand les lumières de la cabine sont éteintes et qu'on est les deux seuls à ne pas être endormis. Ou même quand on est chacun à un bout du salon pendant une réception ennuyeuse et que nos regards se croisent par hasard. C'est l'unique forme de miracle qui nous soit accessible, je crois. "
(chapitre 7, p. 142)



" Ce qui fait la richesse du coeur, c'est l'amour qu'on donne, pas celui qu'on reçoit. L'important, c'est d'aimer. Être aimé, c'est à la portée de n'importe qui. Même Hitler, y'a des gens qui l'aimaient."
(chapitre 7, p. 143)



"_ Tu crois que le paradis existe ?
_ Euh... oui. Mais on y est déjà, à peu de chose près.
_ Qu'est-ce que tu veux dire ?
_ Être proche de quelqu'un, c'est le paradis. Ou en tout cas, c'est le seul genre de paradis auquel j'aspire. Parce qu'au moins on peut en jouir de son vivant. Et que c'est comme ça qu'on finit par vivre éternellement. Dans le coeur de ceux qui vous ont aimé.
_ Et quand ils meurent à leur tour ?
Je m'esclaffai. "
(chapitre 8, p. 151)




vendredi 7 janvier 2011

Le défi Harry Potter # 1

tome 1
Oui Harry Potter c’est du vu, du revu et du re-revu. Il y a bien sûr les livres, les films… et puis les cartables, les trousses, les panoplies, sans oublier les housses de couette. Mais ! mais ! mais ! moi, (et c’est puéril je le sais) je suis toujours aussi émerveillé lorsque je revis les aventures du jeune sorcier à la célèbre cicatrice.

Comme tout le monde je suppose, je me suis payé la fameuse séance ciné de Noël pour aller frissonner devant la première partie du dernier film adapté du 7ème et ultime tome (c’est bon tu remets toute la chronologie bien en ordre là ?). Le film final en deux parties, oui, on aime faire durer le plaisir.
Je ne sais pas pour toi, mais en ce qui me concerne, ça me fait retrouver mon adolescence. Je me rappelle avoir découvert le monde fantastique de Poudlard, je devais être au collège, vers 13 ans. Et tu penses bien, une école où l’on apprend à mettre en lévitation des objets, se métamorphoser en animal ou porter des capes d’invisibilité ! j’aurais payé cher pour manier la baguette magique moi aussi ! À l’époque, l’un de mes centres d’intérêt c’était la botanique (curieux pour un gosse n’est-ce-pas ? faut pas chercher) et je me disais que si j’étais élève à Poudlard, j’aurais excellé dans le savoir des propriétés magiques des plantes, champignons et autres mandragores. J’étais un collégien très assidu, travailleur, genre « premier de la classe », et Hermione était ma meilleure amie (gros ‘lol’ quand j’y repense). Puis encore au lycée, ma matière de prédilection était la chimie. Et tu vois aujourd’hui, c’est pas ingénieur-chimiste que j’aurais dû faire, mais préparateur de potions magiques, filtres d’amour et décoctions de venin !

Voilà aussi ce qui est magique avec les livres de J.K. Rowling, c’est que des tas de jeunes comme moi ont grandi avec Harry, Ron et Hermione et tous les autres apprentis sorciers (petite pensée pour Neville que j’adore parce qu’il est aussi maladroit que moi !). Je repensais à cela lorsque j’ai entendu à la radio que Daniel Radcliffe (Harry Potter à l’écran) était plus jeune que moi de trois années uniquement. C’est cucul mais ça me touche.
Et avec le recul, je me dis que, si cela reste de la littérature pour jeunes, on trouve dans l’écriture de J.K. Rowling de vraies valeurs (certes toujours les mêmes, idéalistes… mais constitutives voyons !), comme le courage, la persévérance, l’amitié et l’amour, le bien contre le mal et puis comment entrer dans l’âge adulte avec son lot de devoirs, responsabilités et de choix (les derniers tomes sont d’ailleurs très sombres et inquiétants).

Alors en fait j’écrivais pour dire que, si j’ai bien compté, il reste 7 (chiffre magique s’il en est), 7 mois avant que le tout dernier épisode soit diffusé au cinéma (la deuxième partie du dernier … mais oui, souviens-toi !). 7 mois, 7 livres (les 7 nains ! … pardon) : mon objectif est donc de relire tous les tomes d’Harry Potter, au rythme d’un par mois. Ainsi je savourerai encore plus le dernier combat contre Lord Vold … je veux dire … Vous-Savez-Qui…

Dans mon tout nouveau calendrier 2011 il y a donc :
Janvier : « Harry Potter à l’école des sorciers »
Février : « Harry Potter et la Chambre des Secrets »
Mars : « Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban »
Avril : « Harry Potter et la Coupe de Feu »
Mai : « Harry Potter et l’Ordre du Phénix »
Juin : « Harry Potter et le Prince de sang-mêlé »
Juillet : « Harry Potter et les Reliques de la Mort »

Et ça commence maintenant avec le tout premier tome (presque déjà terminé !).

Allez, j’enfourche mon balai et je vous quitte : bonne lecture !