dimanche 26 décembre 2010
Citation
" Je ne suis certain de rien, sauf de la sainteté des élans du coeur et de la vérité de l'imagination. "
John Keats
mardi 14 décembre 2010
jeudi 2 décembre 2010
Nathalie Dessay dans les "Contes d'Hoffmann" d'Offenbach
Hoffmann est amoureux d'Olympia, la "fille" du scientifique Spalanzi. Mais Olympia est une poupée mécanique, qu'il faut remonter pour qu'elle nous chante sa chanson mignonne : "Les Oiseaux dans la charmille" (minute 3:30)
mardi 30 novembre 2010
Citation
"Il y a des moments où l'on sent qu'on va changer de vie, où l'on a presque l'impression d'entendre cliqueter la mécanique du destin"
("Une Voix dans la nuit" d'Armistead Maupin)
lundi 29 novembre 2010
dimanche 28 novembre 2010
Philippe Besson : Annonce, Anecdote et Confession
Ce matin après mon jogging dominical, j’allume mon ordi, me connecte sur le net et feuillette les divers blogs et sites qui sont listés dans mes favoris. Et là, je tombe sur LA bonne nouvelle. Sur le blog de Cultura, là, dans un encart bien placé, mon œil tombe sur deux-trois mots qui font ‘tilt’ dans mon petit cerveau :
« Philippe Besson », « prochain », « roman ».
« Philippe Besson », « prochain », « roman ».
Et à ce moment-là je dis : Hallelujah !
En effet, après deux années sans pouvoir lire mon romancier préféré (j’ai lu l’intégralité de ses œuvres !), le 6 janvier prochain sortira le nouveau et onzième roman de Philippe Besson : « Retour parmi les hommes ».
Et comble de joie, il s’agit de la « suite », si on peut dire, de son premier roman publié exactement dix ans auparavant « En l’Absence des hommes ». Ce livre est sans hésitation LE livre qui trône au sommet de mon panthéon personnel. On a tous rencontré (car il s’agit bien de rencontres) un roman qui nous a ému plus que tout ce que nous avons déjà lu, qui, une fois refermé, ne nous laisse pas tout à fait comme avant. « En l’Absence des hommes » est ma plus belle rencontre et je remercie le hasard qui m’a amené à lire cet auteur.
Été 1916, la Première Guerre Mondiale fait rage et tous les hommes sont partis sur le front. Seuls restent à Paris les femmes et les enfants. Vincent de l’Etoile a 16 ans lors de cet été. Les combats sont loin et de toute façon le garçon est indifférent au monde qui l’entoure. Jusqu’au jour où le jeune homme fait les deux rencontres essentielles de sa jeune vie. Ces deux rencontres qu’il nous narre à la première personne.
Vincent est issu d’une bonne famille et c’est dans le salon d’une amie de sa mère qu’il croise Marcel Proust, le délicat et célèbre auteur. Une amitié épistolaire et intime va s’installer entre l’homme érudit et l’adolescent. Proust va devenir le témoin du drame que vivra Vincent.
Dans le même temps, Arthur, le fils de la gouvernante, refait son apparition dans la demeure de la famille De l’Etoile lors d’une permission. Arthur, vingt ans, est soldat sur le front de Verdun et c’est conscient de l’épée de Damoclès qui le menace à chaque combat qu’il confie à Vincent son amour, son amour de toujours, cet amour caché auquel il s’est attaché pour supporter la violence des bombes et l’odeur de la mort.
Alors, pendant les sept jours qu’il reste à Arthur avant de repartir vers la boucherie de cette guerre, les deux jeunes hommes vont se reconnaître, s’aimer d’une passion folle, pure et déchirante. Ils voleront pour eux toutes les nuits, dans le huis-clos d’une chambre, pour vivre un amour charnel et lyrique, sublimé et rendu violent par le drame inéluctable qui les attend.
Malheureusement, la cruauté du destin aura raison de la vie d’Arthur. Les dernières pages du roman nous laissent avec un Vincent au bord du désespoir, pleurant la disparition de l’innocent soldat.
« En l’Absence des hommes » est un livre bouleversant, magnifique, auquel on ne peut pas ressortir indemne. L’histoire, les émotions, sont servies par une plume d’une rare délicatesse, d’une clarté troublante. Bernard Pivot, journaliste, critique et animateur que tout le monde connaît, a dit de Philippe Besson qu’il était le « spéléologue de l’intime » et c’est tout à fait cela : je n’ai jamais lu de telles introspections ou tant de lucidité dans l’analyse des liens, des sentiments qui unissent des êtres.
En « L’Absence des hommes » est le tout premier roman de Philippe Besson et c’est celui qui le fera immédiatement connaître auprès des critiques et du public. J’ai eu la chance d’assister une conférence de Philippe Besson à l’ESC de Rouen en novembre 2007 ainsi que de rencontrer l’auteur Arnaud Cathrine en juillet 2010 et j’ai donc quelques anecdotes à raconter au sujet de ce roman.
Philippe Besson était directeur des Ressources Humaines pour un fournisseur d’Internet lorsqu’il écrivit ce roman en toute intimité, ne pensant jamais être publié. Pourtant, un jour, lassé de cette vie qui ne semblait pas lui correspondre, et tenté par l’ailleurs, il partit pour le Brésil et c’est de Sao Paulo qu’il envoya, comme une bouteille à la mer, sans trop y croire, un exemplaire de son manuscrit à ce qui deviendra sa fidèle maison d’édition : Julliard.
Lorsque j’ai rencontré l’auteur Arnaud Cathrine lors d’un salon littéraire, je lui racontais mon grand intérêt pour les livres de Mr Besson. Il me confiait qu’il était à l'époque lecteur pour Julliard et que, subjugué par ce manuscrit qui venait d’on ne sait où, d’on ne sait qui, il alarma la maison d’édition : « Là on tient quelque chose de fort », je le cite.
Mais je digresse, je digresse, revenons au sujet principal de ce billet : le nouveau roman de Philippe Besson ! C’est suite aux questions de ses lecteurs que P. Besson s’interrogea sur ce qu’aurait pu devenir son personnage de Vincent de l’Etoile. La réponse à ces interrogations se trouveront donc dans « Retour parmi les hommes ». D’après les informations données dans cet article du blog de Cultura, on apprend que Vincent va s’enfuir, dans des périples qui l’amèneront en Italie, en Afrique et au Moyen-Orient (et là je me rappelle de Louise dans « Se résoudre aux adieux » qui elle aussi part en exil pour fuir un amour blessé, mais je pense également à Rimbaud, le poète aux semelles de vent, qui est le personnage central de « Les Jours Fragiles »), puis termine sa course à New York, au début des années 20, époque de grands bouleversements en Amérique (et thème déjà abordé dans « L’Homme Accidentel » et totalement développé dans « La Trahison de Thomas Spencer »). Quand il doit finalement retourner à Paris, les espoirs de Vincent renaissent grâce à la rencontre d’un jeune romancier : Raymond Radiguet (l’auteur de « Le Diable au corps », cette sulfureuse histoire d’amour entre un jeune homme et une femme d’âge mûr). Tous deux vont vivre l’insouciance des années 30, des années folles, avant que la fatalité refasse son apparition.
Je terminerai en confiant que je suis très impatient (comme un oisillon qui attend la becquée ^^) de lire « Retour parmi les hommes », qui comme la plupart des romans de Philippe Besson, sort au moment de mon anniversaire et que je m’offre toujours en cadeau ! D'autant plus que P. Besson termine son interview en confiant que ce dernier livre est peut-être son " roman le plus personnel " !
P.S. : en cliquant ici, vous pourrez lire l’article du blog Cultura.
mercredi 24 novembre 2010
" Lady Susan " de Jane Austen
Titre : " Lady Susan "
Auteur : Jane Austen
Editeur : Editions Gallimard (livre de poche collection Folio)
Editeur : Editions Gallimard (livre de poche collection Folio)
115 pages
L’intrigue de Lady Susan se déroule au cœur l’aristocratie anglaise de la fin du 18ème siècle. Lady Susan est depuis quelques mois veuve. Se retrouvant fâcheusement sans le sou, elle et sa fille Frederica sont accueillies et hébergées par leurs connaissances.
Le dernier séjour de Lady Susan à Langford chez les Manwaring va laisser un souvenir mémorable à ses hôtes. En effet, Lady Susan s’attire les convoitises de deux hommes, Mr Manwaring ainsi que le jeune Sir James que Melle Manwaring, la sœur de Mr, se verrait bien d’épouser. Lady Susan sème la détresse dans la famille, rendant accablée de jalousie une épouse et privant une jeune femme de son prétendant. Il faut dire que la dame est d’une beauté remarquable qui n’a d’égal que son éloquence et sa spiritualité. Lady Susan dupe son monde par ses attraits et son verbe exercé.
L’affaire fait grand bruit dans le huis-clos mondain de Langford et se propage même au-delà, par lettres et missives pleines de commérages et de médisances. La réputation de Lady Susan prend de l’ampleur et la devance : on la savait charmeuse et habile avec les mots, on sait désormais à quoi s’en tenir avec cette femme !
Bien entendu les Manwaring mettent un terme à leur hospitalité suite à cette histoire et Lady Susan se voit contrainte de se réfugier dans la campagne de Churchill, auprès du frère cadet de son défunt mari, M. Vernon, et de son épouse. Cette dernière, Mme Vernon, est tenue au courant de la réputation sulfureuse de Lady Susan et redoute sa compagnie. Et elle a raison, puisque son frère, Sir Reginald de Courcy, tombe sous son charme. La famille de Courcy craint un possible mariage entre Reginald et Lady Susan. Officieusement, l’héroïne du livre trouverait avantageux d'épouser un tel bon parti. Puisque Manwaring n’est pas libre, pourquoi pas le jeune de Courcy ?
D’autre part, Lady Susan est agacée de devoir s’occuper de sa fille qu’elle méprise (et pour cause, elle est son absolu contraire : désintéressée, romantique, innocente). Elle tient absolument à la marier, à Sir James puisque finalement elle s’en est personnellement lassé. Mais Frederica est effondrée à l’idée d’épouser un homme dont elle ne ressent rien et se confronte à la froide rigidité de sa mère qui compte bien lui rendre la vie insupportable tant qu’elle n’abdiquera pas. En s’informant sur Jane Austen, on apprend que l’éveil à l’amour ainsi que la question des femmes et du mariage à son époque (fin 18ème siècle) sont deux sujets récurrents dans son œuvre.
Alors, Frederica et Reginald seront-ils les deux victimes des ambitions de Lady Susan ? Voici la trame qui se file au cours des lettres et billets de ce roman épistolaire.
Ce qui a suscité mon intérêt, c’est l’antipathie immédiate que l’on a pour Lady Susan. Elle nous est dépeinte tantôt comme une coquette qui veut se divertir au détriment des autres, ou telle une stratège dénuée de scrupules, prête à tout pour arranger ses petites affaires. Je dois vous confier que j’aime assez les personnages pernicieux et comploteurs, il y a quelque chose d’exutoire quand on lit leurs mésaventures.
![]() |
| Portrait de Jane Austen |
Je suis également assez friand des romans épistolaires car je trouve que c'est une forme qui ajoute quelques épices à un récit. Les personnages se confient à d’autres et le lecteur entre dans leur intimité. On a l’impression de détenir des vérités que les autres protagonistes de l’histoire ignorent totalement. Il y a du secret dans tout cela.
Cependant, je dois avouer que j’ai été globalement déçu par ce roman. Je m’attendais à un peu plus de malice et de génie de la part des personnages. J’ai trouvé le récit un peu fade. Quand j’avais fini une lettre, je ne me disais pas : « Oh bon sang ! Il faut absolument que je continue pour savoir ce qui se complote ! ». Pas déplaisant, mais pas captivant non plus.
Pour dernière information, Jane Austen est la célèbre auteur d’Orgueil et Préjugés, un classique de la littérature que je compte bien lire un jour malgré mon avis désappointé de Lady Susan, qui n’est finalement qu'une œuvre mineure de cette grande dame du roman anglais.
mardi 9 novembre 2010
Alexandre Tharaud interprète "Gnossienne n°1" d'Erik Satie
Alexandre Tharaud fait partie de ces artistes qui me font aimer la musique classique. J'aime la musique classique car elle est vecteur d'émotions. Tout comme la lecture.
Si vous souhaitez en connaître davantage sur Alexandre Tharaud je vous mets en lien son site officiel ...
... ainsi que l'adresse du blog de quelqu'un qui, pour le coup, en connaît un rayon sur ce grand pianiste. J'apprécie énormément ce blog parce qu'on y apprend beaucoup sur les interpétations d'A. Tharaud et je prends toujours plaisir à lire l'enthousiasme de ce "grand fan" :
dimanche 7 novembre 2010
" Cosmétique de l'ennemi " d'Amélie Nothomb
Titre : " Cosmétique de l'ennemi "
«_ Et vous venez m’embêter simplement parce qu’il y a trente ans, vous avez mangé de la bouffe pour chats ? Vous êtes une infection, monsieur. Il y a des médecins pour les gens comme vous.
« Bon sang, ces gens qui n’ont tué personne sont d’une sensiblerie ! »
Auteur : Amélie Nothomb
Editeur : Editions Albin Michel
Editeur : Editions Albin Michel
« Cosmétique, l’homme se lissa les cheveux avec le plat de la main. Il fallait qu’il fût présentable afin de rencontrer sa victime dans les règles de l’art. »
Cet homme qui s’apprête à commettre son méfait dès les premières lignes du roman c’est Texel. Textor Texel.
La victime ? Il s’agit de Jérôme Angust, modeste homme d’affaires en partance pour Barcelone et qui vient d’apprendre qu’en raison de problèmes techniques, son avion serait retardé pour une durée indéterminée. Ravalant sa colère et se décidant à patienter dans la salle d’attente, contre mauvaise fortune bon gré, voilà que le fameux Texel vient approcher sa proie.
À cet instant précis, le piège se referme.
Effacez de votre imagination toute scène de crime sanguinaire, de lacérations et autres armes à feu. Non, les coups portés seront bien plus subtiles, pernicieux et pervers.
Au début vous croirez à un simple importun qui vient emmerder un pauvre type déjà sur les nerfs. Vous rirez du malheur de Jérôme Angust qui ne peut mettre fin à l’insistance, la logorrhée… le harcèlement auditif de Texel ! Et puis, le dialogue se filant, vous découvrirez dans quelle spirale infernale les deux protagonistes se sont enfermés. Avec une fin apothéotique !
C’est fâcheux, je ne peux vous en dire plus. Ce serait gâcher les jouissifs effets de surprise dont regorge ce roman.
Alors je vous dirai que je me suis délecté de la lecture de Cosmétique de l’ennemi. Plusieurs raisons à cet enthousiasme. Pour ceux qui ont déjà lu Amélie Nothomb, ils retrouveront son humour et sa plume si singulière, c'est-à-dire des réparties pleines d’aplomb, vives et spirituelles, des bizarreries, de comiques incongruités, des loufoqueries et autres situations cocasses.
Quelques extraits pour vous donner un aperçu :
«_ Quand nous nous sommes retrouvés à l’extérieur du cimetière, rue Rachel, je lui ai demandé comment elle s’appelait. Elle m’a craché au visage. Je lui ai dit que je l’aimais trop pour l’appeler crachat.
_ Vous êtes un romantique. »
«_ Et vous venez m’embêter simplement parce qu’il y a trente ans, vous avez mangé de la bouffe pour chats ? Vous êtes une infection, monsieur. Il y a des médecins pour les gens comme vous.
_ Je ne suis pas venu pour me faire soigner par vous. Je suis venu pour vous rendre malade.
_ Ça vous amuse ?
_ Cela me ravit. »
« Pourquoi irai-je chez un psy quand il y a des aéroports pleins de gens désœuvrés tout disposés à m’écouter ? »
«_ Ce n’est que le premier mort qui compte. C’est l’un des problèmes de la culpabilité en cas d’assassinat : elle n’est pas additionnelle. Il n’est pas considéré comme plus grave d’avoir tué cent personnes que d’en avoir tué une seule. Du coup, quand on en a tué une, on ne voit pas pourquoi on se priverait d’en tuer cent.
_ C’est vrai. Pourquoi limiter ces petits plaisirs de l’existence ?
_ Je vois que vous ne me prenez pas au sérieux. Vous vous moquez. »
« Bon sang, ces gens qui n’ont tué personne sont d’une sensiblerie ! »
Ce roman, qui n'est en fait qu'un long dialogue entre les deux personnages, est une mine d’affirmations culottées ou immorales, mais si bien argumentées que les bras vous en tombent. Dans la bouche de Textor Texel, le mal devient quelque chose de naturel et de constructif, et on se régale de lire les développements de ce détraqué mental. Autant d’assurance et d’aplomb, c’est déconcertant ! En voilà une preuve :
«_ C’est flatteur un viol. Ça prouve qu’on est capable de se mettre hors la loi pour vous.
«_ C’est flatteur un viol. Ça prouve qu’on est capable de se mettre hors la loi pour vous.
_ La loi. Vous n’avez que ce mot à la bouche. Vous croyez que cette malheureuse pensait à la loi quand vous … ? Vous mériteriez d’être violé pour comprendre.
_ J’aimerais beaucoup. Hélas, personne ne semble en avoir eu l’envie. »
Mais rassurez-vous, Cosmétique de l’ennemi ne fait pas l’apologie de la cruauté. C’est juste très cynique, très insolite et ... surréaliste.
Ce fût une lecture vive et très agréable, drôle et captivante, dont le suspens et les rebondissements vous tiennent jusqu'à la dernière page. Ce roman ne ressemble en rien à ce que l'on a l'habitude de lire alors laissez-vous tenter par l'expérience !
samedi 6 novembre 2010
"Suites Bergamasques : Claire de Lune " de Claude Debussy (interprété par Maria Kovalszki)
Je ne connais rien à la musique classique mais je pense qu'avec Debussy, nul besoin d'être mélomane, il y a cette chose incroyable qui fait que quand on écoute ses oeuvres, "Jardin sous la pluie", "La Mer" ou encore "Claire de Lune", il suffit de fermer les yeux et il est si simple de s'imaginer les gouttes de pluie qui tombent sur les feuilles, les vagues échouées sur les galets, de ressentir la mélancolie du soir.
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